Simon Claeys est partenaire de B2Ai Brussel. Sa vie professionnelle s’est toute entière déroulée dans la capitale, avec quelques excursions internationales à l’occasion de missions au Congo, au Soudan et dans la péninsule arabique.
Durabilité : B2Ai aux avant-postes
Les années d’expérience ont appris à Simon que construire à Bruxelles requiert un savoir-faire particulier, avec quelques ingrédients indispensables, comme un penchant pour la complexité et la durabilité et un solide réseau. Son souhait est de continuer à développer ces compétences.
En tant que membre du comité de direction d’ecobuild.brussels, le réseau des acteurs de la construction et rénovation durables à Bruxelles, Simon a contribué à définir les grandes lignes d’une politique du bâtiment innovante en termes d’écologie dans la région bruxelloise. « Au sein du cluster, nous avons rédigé des notes qui ont servi de base à la législation sur l’économie circulaire », explique Simon. « Nous avons aussi créé un réseau qui permet à toutes les parties concernées – les entrepreneurs, développeurs, institutions publiques, universités ou architectes – d’échanger et de travailler ensemble à la durabilité du secteur du bâtiment. » En tant que Partenaire de B2Ai, Simon Claeys souhaite développer et tirer pleinement profit de son solide réseau. Dans cette optique, il voit la formation continue comme un aspect crucial. « Et pas seulement pour moi-même, mais pour tous les collaborateurs du bureau. Les pionniers au sein du réseau informent continuellement B2Ai au sujet des dernières avancées sur le plan de la durabilité. La pétition que nous avons signée avec d’autres architectes pour promouvoir la durabilité du secteur du bâtiment est plus qu’un simple geste, c’est un réel engagement. » Le fait que certains promoteurs bruxellois aient déjà fait un virage à 180° est de bon augure pour Simon. « L’approche des législateurs et des acteurs ne passe d’ailleurs pas inaperçue en dehors de Bruxelles. »
Savoir-faire dans la conservation et la réutilisation des bâtiments
« L’approche utilisée à Bruxelles est totalement différente de celle en Flandre. La législation, la façon de travailler et d’utiliser les réseaux, la politique… tout est différent », explique Simon. « Le fait que la politique de durabilité à Bruxelles ait, au cours des dernières années, résolument privilégié la conservation et réutilisation des bâtiments a débouché sur des projets exemplaires ». Des idées à la pelle, selon Simon, mais à Bruxelles il faut être patient à cause de la complexité du système. « Le food market Wolf est un bon exemple de réutilisation d’anciens bâtiments, mais le projet a traîné pendant des années avant de pouvoir ouvrir ses portes il y a peu. Durabilité n’est pas forcément synonyme de réutilisation », précise Simon. « Dans certains cas, la solution la plus durable peut être de tout raser, ou alors un mix des deux. »
Economie circulaire grâce au bois CLT…
La Gare Maritime de Bruxelles est un exemple évident, et magnifique, d’économie circulaire. Simon : « Ces entrepôts étaient fortement dégradés, mais les démolir aurait été un sacrilège. On y trouve maintenant quelque chose de très différent, parfaitement circulaire. Les structures installées à l’intérieur sont entièrement démontables et pourraient même, en théorie, à nouveau accueillir des trains. L’aménagement utilise des box en bois lamellé croisé (cross laminated timber, ou CLT) qui peuvent remplir diverses fonctions : espaces de coworking, bureaux fixes, petites échoppes, marché alimentaire, parc intérieur … Un énorme aménagement vert va voir le jour. C’est quasiment un cas d’école de tout ce qu’il est possible de réaliser. »
« Des projets exemplaires comme Urbanities m’ont convaincu de devenir partenaire de B2Ai. Il illustre parfaitement le style B2Ai : innovant, séduisant sur le plan architectural, respectueux de l’environnement et des résidents et emblématique pour Bruxelles. »
Beaucoup d’aspects sont cependant encore au stade des balbutiements. Le démontage suivi d’une réutilisation façon kit Meccano reste encore une utopie. Simon en sait quelque chose, vu qu’il a été responsable du plus grand chantier CLT de Bruxelles, un projet de logements pour étudiants. « L’économie circulaire ne signifie pas forcément 100% de réutilisation. Les projets circulaires devront toujours être alimentés par du patrimoine neuf, sinon d’ici 5 ans vous aurez des offres avec des fenêtres aux performances déjà dépassées. Pour Bruxelles, je vois une sorte de synergie entre l’économie circulaire et beaucoup d’autres, y compris des constructions 100% neuves, combinées ou non à une démolition. »
…et au mélange des fonctions
On observe de moins en moins de demandes de permis pour des bâtiments monofonctionnels, et de plus en plus de projets conjuguant les fonctions de logement, travail, commerce et divertissement au sein d’un quartier, d’un immeuble, d’une population. Le projet Urbanities, réalisé par B2Ai, illustre bien cette tendance. « Urbanities est un projet très intéressant », déclare Simon. « Il crée un quartier tout neuf avec un mix de fonctions qui, à première vue, peuvent sembler incompatibles. Le projet est très révélateur du style B2Ai, qui se veut novateur, séduisant sur le plan architectural, respectueux de l’environnement et des résidents et emblématique pour Bruxelles. Les promoteurs bruxellois étaient particulièrement séduits et la collaboration entre la région, la commune, le maître d’œuvre et B2AI a été exemplaire. »