Prison

Haren

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Conception humanisée pour la plus grande prison de la Belgique

Appelée à devenir la plus grande prison de Belgique, Haren sera opérationnelle dans quelques années. Le complexe se composera de huit entités dont trois prisons pour hommes, deux prisons pour femmes, un centre psychiatrique médico légal, un centre fermé pour jeunes délinquants et un bâtiment à vocation générale. Ce complexe est conçu pour héberger 1190 détenus au total. Outre l’hébergement de détenus, le complexe pénitentiaire abritera un tribunal, un complexe sportif, un atelier de travail, des salles de visite, un hôpital et un bureau destiné au corps de sécurité. La superficie totale du complexe s’élève à 106.137,26 m².

Conception humanisée, architecture reconnaissable
Pour le consortium Cafasso, la détention doit toujours aller de pair avec la normalisation de la vie carcérale ainsi qu’avec la réhabilitation et l’intégration des détenus dans le respect constant des prescriptions requises en matière de sécurité. L’un des aspects les plus délicats de ce projet réside dans la mise en œuvre d’une politique de détention digne de ce nom au sein d’un complexe efficace mais humanisé qui répond aux besoins actuels tout en étant à même de s’adapter à l’évolution future du système pénitentiaire.

“Les fondements du projet sont dès lors : normalisation du complexe conçu comme un village, intégration au sein de l’environnement par le biais de relations spatiales et visuelles, limitation de l’échelle, utilisation réfléchie des matériaux, durabilité, flexibilité et sécurité.”

L’objectif sous jacent réside non seulement dans la création de conditions idoines d’accomplissement des peines, mais aussi dans la nécessité de préparer les personnes concernées à redevenir des membres à part entière de la société. Le modèle tient compte de diverses manières des multiples aspects d’une vie « normale » : travailler, se loger, mener une vie sociale et familiale. L’élaboration urbanistique du plan directeur et l’élaboration architecturale des bâtiments jouent à cet égard un rôle déterminant.
Les concepteurs ont renoncé au modèle panoptique en T ou bâtiment en forme d’étoile ; ils ont opté pour des volumes de construction moins imposants. L’échelle des bâtiments renvoie à une situation « normale » : le bâtiment communautaire n’est pas sans rappeler un hôtel de ville ou un centre administratif, les bâtiments regroupés sont comparables à des maisons plurifamiliales. Le modèle est basé sur la création d’unités de vie comptant 25 à 30 cellules regroupées en noyaux, puis en entités. Cafasso a conçu une nouvelle structure en noyaux au sein de laquelle chaque couloir ne compte plus que huit cellules, ce dispositif se traduisant par une amélioration sensible de l’intimité. L’« hôtel de ville » regroupe un certain nombre de locaux à vocation particulière : salles d’audience, salle de contrôle de la sécurité, complexe d’accueil, transferts nationaux, salle de sports, réception et locaux de visite. Les visiteurs et les détenus auront la possibilité de se rencontrer dans ce bâtiment. Ce bâtiment présente dès lors deux visages. Aménagé au dessus des services logistiques, le terrain de sport intégré au toit végétal offre une vue sans entrave sur l’environnement, ce panorama contribuant à créer un sentiment de liberté.

Complexe conçu comme un village verdoyant
Le terrain se caractérise par une dénivellation importante. Les concepteurs en ont profité pour créer des perspectives, zones de jonction et autres structures diversifiées. La disposition intelligente de bâtiments construits à une échelle raisonnable a permis de créer des points de vue intéressants vers les espaces environnants et à partir de ceux ci. L’axe visuel et fonctionnel majeur renvoie en outre au tracé du Keelbeekweg actuel. Un nouveau chemin d’accès permettra de rejoindre le complexe à partir du boulevard de la Woluwe.

“Le complexe pénitentiaire est conçu comme un campus ou un petit village autonome, mais parfaitement intégré à son environnement.”

En d’autres termes, cet ensemble se veut le reflet d’une communauté villageoise. Cette approche s’est traduite par la création d’un « village » organisé autour d’une « grand-place » verte, laquelle remplit aussi la fonction d’espace public central. La mise à contribution créative des dénivellations du terrain permet aux détenus comme aux riverains de bénéficier de perspectives variées. De plus, le mur de la prison s’intègre de la manière la plus naturelle dans l’environnement existant. Le choix de la brique autorise des variations dans les volumes de construction et fait écho aux constructions environnantes.  À L’intérieur de l’enceinte, la conjugaison de la brique et du béton met en valeur les fonctions plus communautaires au niveau du soubassement des bâtiments.
Vert naturel, échelle villageoise et matériaux identifiables contribuent de la sorte à humaniser les conditions de détention.

Espace « public » au cœur du village
Une place publique sera créée autour du bâtiment d’accueil : la « place d’accueil ». Baptisée « Place du campus », la deuxième place créée au centre de l’enceinte de la prison assurera la jonction avec les autres bâtiments. Cette place deviendra un trait d’union entre les espaces d’hébergement, ateliers de travail et lieux de détente au sein de la prison. En outre, l’enceinte de la prison conçue par les architectes témoigne de leur volonté d’humaniser le complexe. Sans renoncer aux exigences de sécurité et sans nier la réalité d’une prison, l’impact de ces murs est humanisé par nombre de points d’observation extra-muros. Le relief est mis à contribution pour créer une transparence, des jonctions et une variété bienvenues.

Prison durable
Cette réalisation repose sur un projet durable dans le sens le plus large du terme : exploitation raisonnable de l’espace, intégration dans l’environnement, implications socioculturelles, flexibilité, aspects écologiques et énergétiques, entretien des matériaux.

Intérieur
“L’atmosphère qui règne au sein d’un complexe pénitentiaire résulte de la recherche d’un équilibre satisfaisant entre durabilité, esthétique et expérience vécue.”

Une atmosphère agréable tranquillise aussi bien les détenus que le personnel pénitentiaire. Dans les espaces communautaires, les concepteurs ont mis l’accent surle bois et la couleur, exerçant une influence influence positive sur l’humeur des usagers. Les concepteurs ont résolument opté pour l’application de couleurs neutres dans les cellules.

Localisation
Haren

Région
Bruxelles

Statut
En cours

Superficie
± 106.137,26 m²

Forme de coopération
CAFASSO Consortium

Image & photographie
Consortium

Team
DBFM-contract
– Maître d’ouvrage: Regie der Gebouwen
– Architecture, intérieur: THV B2Ai CVBA – EGM ARCHITECTEN
– Stabilité: THV INGENIEURSBUREAU G. DERVEAUX NV – VK Engineering
– Techniques spéciales, durabilité, EPB: VK Technieken
– Securité: Smits van Burgst Beveiliging BV
– Paysage: Lodewijk Baljon Landschapsarchitecten – ARA